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| Nos enfants différents |
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| Écrit par Caroline Barré |
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Avec le centre Didache, une communauté chrétienne relève le défi d’initier de jeunes autistes à l’Eucharistie. Histoire d’un émerveillement. sdf.info Madame Ludia Zama, mère d’un grand garçon autiste, a fondé, en 2002, le centre Didache dans le quartier montréalais de Rosemont. Pourquoi appeler « Didache » ce centre qui offre des services d’intégration des personnes autistes dans la société? Eh bien, tout simplement parce que c’est comme cela que « Ludia » sonne dans la bouche de son fils! Après, Mme Zama a appris que Didache ressemble drôlement au mot grec didachè, signe de bon augure. Mais comment faire cheminer vers l’Eucharistie des autistes qui, pour certains, ne communiquent presque pas? D’abord, l’agente de pastorale expérimentée a conçu un schéma d’atelier qu’elle a repris chaque fois : accueil, chant, prière, parole de Dieu, retour sur l’enfant par le moyen d’un bricolage. Chaque rencontre avait pour thème un récit tiré de la Bible, qui était raconté sous trois formes : d’abord, l’animatrice le disait en ses mots, puis lisait le passage biblique lui-même, pour qu’ensuite les enfants reproduisent l’histoire en apposant sur un grand tableau les figurines des personnages : Jésus, Zachée... Pour compléter cette appropriation, les enfants se dessinaient ou se reproduisaient en utilisant le médium de la pâte à modeler, par exemple dans des contextes apparentés à l’histoire biblique du jour : qui sont mes amis à moi? Avec qui est-ce que je partage des repas? L’important était qu’ils repartent avec une compréhension personnelle du message Les apprentissages ont aussi été moteurs et sociaux : un enfant a appris à se nourrir et à boire avec une paille durant ces rencontres. Dans une autre paroisse, un enfant peu enclin aux contacts physiques est naturellement allé s’asseoir sur les genoux de l’animatrice lorsqu’elle leur faisait le récit de Jésus laissant venir à lui les enfants. Voilà d’émouvants progrès. Des questions théologiques ont certes émergé de ce parcours. Comment peut-on justifier de donner la première communion à ces enfants baptisés qui n’ont pas vécu le sacrement du pardon? Pour les gens concernés, le pardon a été pris pour acquis sans ambages, ces enfants étant dépourvus d’intentions malicieuses. Ensuite, canoniquement, quelle condition fondamentale valide l’Eucharistie? Mme Golding a fait des recherches pour découvrir qu’il faut simplement que le communiant distingue que ce pain n’est pas le pain ordinaire, et les autistes accompagnés établissent cette différence sans problème. À clef, ces jeunes catholiques font maintenant pleinement partie de la communauté chrétienne. Ils assistent à la messe avec leurs parents et communient. Aussi, ce projet en a stimulé d’autres. Lisette Dubé-Demers, présidente du centre Didache et agente de pastorale à Montréal-Nord, a repris la démarche de Mme Golding pour la faire vivre dans sa paroisse. On lui a récemment demandé d’accompagner des enfants vers la confirmation, et elle a construit une catéchèse autour de ce sacrement somme toute plus abstrait. Là, c’est la découverte de la communauté, de la grande Église qui est au coeur des ateliers. |



